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 ELLEN&BILLIE Ҩ we are forsaken.

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MessageSujet: ELLEN&BILLIE Ҩ we are forsaken.   Ven 27 Mai - 17:15





we are forsaken


Seattle. Elle déteste cette ville. Elle déteste cet hôpital. Elle déteste cette vie. Bordel. Trop de responsabilités, trop de difficultés, trop de complication. Pourquoi est-elle venue ici, déjà ? Son regard balaya la pièce, bondée à cette heure. Ses yeux tombent sur Rachel. Elle joue avec Voilà pourquoi elle est là. Pour que Rachel puisse jouer, pour que Rachel puisse courir, pour que Rachel puisse rire, pour que Rachel puisse vivre. Tout ça pour Rachel. Il n'y a plus que Rachel, de toute manière. Pourquoi donc vivre, si ce n'est pour elle ? Billie, elle, n'est plus rien. Sa misérable existence s'est achevée le jour où Gabrielle l'a rayée de la sienne. Quelle conne. On ne partage pas l'amour d'un être, encore moins celui de deux. Ça devait finir mal. Ils avaient raison, les copains de Belleville.

Distraite, elle tire sur sa queue de cheval. Elle ne devrait pas être là, en fait. Après tout, c'est auprès de madame.. quel est le nom de cette petite bonne femme dont l'opération est prévue pour dans deux jours ? Whitnecker ? Whitacker ? C'est ça, Whitacker. C'est auprès de madame Whitacker qu'elle devrait être, en train de vérifier ses constantes. Quelqu'un l'a fait avant elle, une demi-heure plus tôt. Il est donc inutile de revenir, à peine une demie-heure après, non ? Bille soupire. Il ne fait aucun doute qu'elle devra affronter ses supérieurs hiérarchiques lorsqu'elle retournera travailler. Oui, peut-être, oui. Elle s'en fout. Elle n'est pas là pour eux, elle ne vit pas pour eux. C'est pour Rachel. Toujours uniquement pour Rachel. Elle a besoin de voir sa fille et si ça signifie oublier volontairement d'aller voir les constantes d'une petite vieille en fin de vie, Billie n'hésitera pas. Un sourire étira ses lèvres. C'est comme avant, comme au bon vieux temps, lorsqu'elle jouait à la rebelle inconsciente. La seule différence avec le passé, c'est qu'aujourd'hui, elle a vécut, elle a souffert, elle est consciente de ce qu'elle fait. Mais elle s'en fout.

Deux petites mains blanches se posent sur son horrible pantalon bleu. Elle baisse les yeux, croise les siens. « Maman ! Leslie a dit que je pourrais sortir samedi après-midi, si ça va » fait-elle, un sourire triomphant éclairant son petite visage. Billie adresse un bref regard audit Leslie. Il ne ment pas, il ne ment jamais à Rachel. Mentir, c'est faire souffrir. Lui, il est bon. Il répond par un sourire chaleureux. Elle l'aime bien, Billie. Avec lui, elle est certaine que Rachel est entre de bonnes mains. « Remercie-le, chérie » répond-t-elle à sa fille qui s'empresse d'aller voir l'infirmier. Un samedi après-midi. Un malheureux samedi après-midi. Ne peuvent-ils pas faire mieux ? Ne comprennent-ils pas qu'elle a besoin de sa fille ? Sa gorge se serre. Pauvre égoïste. Rachel est malade, elle le sait. Tout serait plus simple si elle n'avait pas couché avec ce sombre crétin.

Une cigarette, elle a besoin d'une cigarette. Ses yeux s'égarent dans la pièce, au hasard, reviennent sur Rachel. Non, c'est d'elle dont Billie a besoin. La regarder sourire, vivoter comme elle le fait depuis toujours, se battre inconsciemment contre la maladie. C'est de ça dont elle a besoin, de cette leçon de vie que lui dispense sa fille chaque fois qu'elle pose les yeux sur elle. Autour d'elles, il y a d'autres enfants. Eux aussi se battent. Eux aussi doivent survivre. Ils sont trop jeunes pour mourir.



Dernière édition par Billie J. Morgan le Ven 27 Mai - 21:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ELLEN&BILLIE Ҩ we are forsaken.   Ven 27 Mai - 17:55



we are forsaken


Je suis à la bourre, encore. Je suis née en retard de toute façon, tout le monde me le fait savoir et ce depuis ma venue au monde. Je n’ai jamais été pressée par quelque aiguille que ce soit. Jeune, j’ai eu le loisir de faire le monde comme il me convenait, mes horaires étaient celles des autres, mais depuis que j’ai rencontré le monde fédéral, les horaires sont mes principaux ennemis. Malheureusement le temps est la seule chose contre laquelle on ne peut pas lutter. On peut le faire contre la maladie, la pauvreté, la connerie… Encore que la connerie soit un combat perdu d’avance. Mais le temps coule, inexorablement, encore plus abondamment et sans risque que les sources ne se tarissent. Il n’y a pas de source, c’est aussi simple que ça. Je cours après le temps depuis toujours, aujourd’hui à plus forte raison, et cette raison s’appelle Jules.
Le petit blondinet là-bas dans le fond de la pièce dans laquelle je viens de rentrer un peu brusquement, attirant les regards de quelques parents au passage. Je m’empresse de m’excuser d’une grimace désolée, et me fait discrète pour traverser la salle et retrouver mon petit bout que je prends dans mes bras pour l’embrasser sur la joue. Même dans une salle regroupant autant de têtes blondes, on sait que c’est le mien. Il me ressemble comme deux gouttes d’eau. C’en est même indécent pour Aaron. Un petit blond aux yeux très bleus, et très expressifs. Le côté Aaron se retrouve dans son caractère, mais niveau physique, c’est des Gibson qu’il tient. De mon frère un peu aussi sûrement. Un grand blond sûr de lui qui a plus tendance à briser des cœurs qu’à les réparer. Encore que pour ça il aurait fallu qu’il accepte de se plier aux exigences des parents, et non pas faire sa vie comme bon lui a toujours semblé, suivant ses coups de cœurs ou ses attirances, bafouant la raison à de multiples reprises.

Au fond je ne sais pas si ce n’est pas lui qui a raison. Quand on devient parent on perd quelque chose, pour en gagner une autre. Mais notre objectivité est complètement bouffée par le fait que nous ne voyons que par le fruit de nos entrailles. C’est Jules qui m’a fait grandir, et c’est enceinte de plus de 5 mois que je suis aussi. Comparable à une baleine. Dans 1 mois ou deux, je suis sûre qu’on m’appellera Willy ! Aaron est trop délicat pour ça, mais si mon frère trouvait le culot et le courage de se pointer à Seattle, il en sortirait sûrement une bonne douzaine de ce genre là. L’humour n’est pas un des points forts de la famille. L’absence l’est beaucoup plus, la lâcheté aussi. J’aspire à devenir meilleure en devenant maman. Comme chaque femme non ? L’est-on vraiment sans avoir enfanté ? Le rôle d’une femme n’est pas justement de donner la vie à son tour ? Je n’avais jamais réfléchi à la question avant de tomber enceinte de Jules. Et puis s’était posé la question de mon couple avec Aaron. C’est quand il est né que ça a commencé à sérieusement déconné. Et en moins d’un moins, j’avais appris ce que voulaient dire les adjectifs : « seule, paumée, fille-mère et pas aidée ».

Pour en revenir à mon petit bout, passablement sage pour l’instant, alors que ses habitudes étaient plutôt du genre à courir partout, surtout après un ballon, ne rien écouter ou faire le sourd, j’étais très forte à ce jeu là petite, mais j’ai trouvé mon maître en la personne de mon fils. Enfin tout ça c’était avant. Avant ce putain de cancer, si jeune ? Bien sûr si jeune. Et le pire dans tout ça c’est que la cause venait sûrement de nous, de notre couple avec son père. Alors je sais, les parents ont tendance à culpabiliser, mais là ce n’était pas juste une histoire d’interprétation.
Je me laisse tomber contre le mur, adossée contre celui-ci. Déposant mon sac à mes côtés, écartant légèrement les jambes pour que Jules vienne se lover contre moi au cas où il daignerait lâcher ce ballon. Je préfère le voir jouer, rire même de temps en temps, même s’il n’est pas aussi vif qu’à son habitude. C’est une lueur d’espoir, indispensable en ce moment. Je le regarde jouer, à quelques centimètres de moi, un mètre tout au plus. Il semble très intéressé par l’activité qu’une petite fille, dont j’estimerais l’âge à environ 8 ans, qui joue à la poupée, s’occupant soigneusement d’un bébé grandeur nature de 6 mois. J’en avais un comme ça aussi quand j’étais petite, il a pas fini dans un berceau, mais dans le garage pour caller une des motos de mon frère. Jules en lâche même son ballon. Attend patiemment que la petite fille ne le remarque. Il n’ose pas jouer avec elle. 3 ans, presque 4. Il revient vers moi et me donne sa tétine, comme pour la cacher. Aurait-il peur de passer pour un immature ? Mon fils cesse de faire l’enfant ! Il se rapproche à nouveau timidement de la petite fille…



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Ellen GIBSON

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MessageSujet: Re: ELLEN&BILLIE Ҩ we are forsaken.   Ven 10 Juin - 18:05





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Une porte s'ouvre, avec fracas. Elle lève la tête ; des gens marmonnent, agacés. Elle, tout ce qu'elle trouve à faire, c'est sourire. Qu'on emmerde les autres, qu'on les agace, ça l'amuse. Elle a toujours été un peu égoïste, un peu je-m’en-foutiste. C'est pas grave. Si ça ne plaît pas, ce n'est pas important. On l'aime ou on ne l'aime pas. On la prend comme elle est. Et elle est comme ça, Billie. Indifférente aux autres, indifférentes aux malheurs d'autrui. Elle en a assez, aussi. Le cœur de Rachel qui menace de lâcher à tout moment, le passé, la solitude. C'est assez. Chacun pour soi et Dieu pour tous, après tout. Ouais, c'est ça, on y croit. Faut-il encore qu'il existe, ce grand con, là-haut.

Une femme enceinte traverse la pièce, comme si elle marchait sur des œufs. Billie la regarde, vaguement intéressée. Son ventre est rond. Elle est gracieuse. Comme toutes les futures mères. Elle aussi, elle était gracieuse. C'est Baptiste qui passait son temps à le répéter : « T'es belle, bébé. » et des fleurs, et ses sourires, et sa bonne humeur. Tout ça pour finalement la baiser et ce, dans tous les sens du terme. Quel connard, ce type. Elle songe de temps à autre, lorsqu'elle a mal, vraiment mal, qu'il finira bien par choper une saloperie, quelque chose de grave, de mortel et qu'il souffrira autant qu'elle a souffert. D'autres fois, elle s'imagine en train de tordre le cou de ce crétin. Et ça va mieux, ça lui remonte le moral pour quelques temps. Pourtant, elle sait parfaitement qu'elle en serait incapable. Qu'il pose les yeux sur elle et elle retombera dans ses bras immédiatement. Et il en va de même pour Gabrielle. Tu es tellement faible, Billie, tellement faible. C'est comme ça. Elle devrait prendre exemple sur sa fille. Rachel, elle, elle est forte. Rachel, c'est une battante, un soleil, une météorite, même. Elle est arrivée comme ça, dans sa vie, après tout. Comme un boulet de canon. Elle continue d'aller plus loin, encore et encore. Rachel ne lui ressemble pas, de ce côté-là. Elle a appris à être forte et stable pour deux, c'est tout. Elle en impose à tout le monde, même aux enfants de son âge. La preuve, elle joue seule, alors que plusieurs enfants l'observent du coin de l’œil, à l'image de ce petit garçon blond, de trois ou quatre ans. Vouée à être toute seule. Comme sa mère. Laquelle soupire. Finalement, elle n'est pas faite pour être mère. Pas assez combative, pas assez motivée, trop faible. Elle n'est pas comme toutes ces femmes qui passent leurs neuf mois de grossesses la main sur le ventre, un sourire aux lèvres, à béatifier sur le bébé à venir. Elle, durant sa grosse, Billie, elle a continué à fumer, à boire, à se foutre en l'air avec grâce et motivation comme elle l'avait toujours fait jusque là avec Gabrielle et Baptiste. Et ça a commencé à finir mal lorsque Rachel est venue au monde. Au fond, cette gamine, c'est une bénédiction. Sans elle, elle serait toujours là-bas, à Belleville, à chialer sur son sort, désespérée d'avoir été abandonnée par son premier amour et ce connard dont elle est, encore aujourd'hui, si stupidement amoureuse.

Rachel lève les yeux, la regarde, lui sourit. Une bénédiction. Oui, c'est ça. Si tant est que Dieu existe. Peu importe, Billie sourit, elle aussi. Aux côtés de sa fille, elle est heureuse. A ses côtés, tout va bien. La vie est belle, l'avenir s'ouvre là, droit devant. A elles de saisir leur chance, de continuer à avancer. Avec ou sans Baptiste. NON ! Il n'est pas question qu'il.. pourquoi pense-t-elle à lui ? Elle détourne la tête, agacée. Quelle idiote. Depuis le temps, il faudrait peut-être qu'elle parvienne à se sortir ce débile de l'esprit. Mais non, il reste là, saisissant la moindre occasion pour se rappeler à son bon souvenir. Elle pose les yeux sur la femme enceinte, assise là, à laquelle le petit garçon blond qui observait Rachel un instant plus tôt, tend quelque chose. Elle.. cette femme lui ressemble. A Baptiste. Billie fronce les sourcils. Non. Si. Non. Bien sûr que si. Ah, même ici, il la poursuit ! Elle serre les poings, inspire profondément. Elle se détend difficilement mais y parvient tout de même. Foutu passé. D'un geste de la main, elle appelle sa fille. « Chérie, joue avec les autres » fait-elle, en caressant sa joue. Le petit garçon s'approche. Avec un effort, elle lui sourit. Dieu qu'il lui ressemble ! Se pourrait-il que.. elle lève la tête et dévisage la mère du petit. Non. Elle lui ressemble aussi. Il ne peut pas être son fils. Elle respire plus librement. « Fais attention, Rachel.. il est plus jeune que toi » dit-elle. Elle la connaît. Malade ou non, Rachel est vive et un peu maladroite, mais pas méchante. Elle sait être douce, pas comme sa mère. Elle lui ressemble si peu, dans le fond. Billie soupire, pose de nouveau les yeux sur la femme enceinte. Elle aimerait tellement revenir en arrière, à l'époque où elle attendait sa fille pour éviter les conneries et les mauvais choix. Mais c'est trop tard, c'est toujours trop tard. On avance, on tombe, on se relève, c'est toujours comme ça. Il faut apprendre de ses erreurs. La femme, là, non loin d'elle, a sans doute appris des erreurs qu'elle a fait lors de sa première grossesse. Elle sait ce qu'il faut faire, elle n'est pas perdue. Billie, elle, a toujours été perdue.
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MessageSujet: Re: ELLEN&BILLIE Ҩ we are forsaken.   Ven 10 Juin - 21:07

    Emmerder les gens a toujours été un genre de seconde nature chez moi. Il faut avouer que j’ai toujours été à bonne école aussi. Mon grand frère n’y a jamais été pour rien dans tout ça, et si à 13 ans tout juste, en intégrant le lycée, je faisais parti des plus brillantes et timides, la tendance s’est vite vue inversée quand je l’ai quitté, à 15 ans. J’ai eu la chance de me retrouver dans la même classe que lui, il était mon exemple à l’époque, et pas forcément celui à suivre. Il avait ses amis, j’avais les miens, mais nous restions connectés. A l’époque les portables existaient déjà. Je n’ai que 25 ans, même si j’ai la vie d’une femme qui en a 10 de plus. Je suis un bébé, un bébé qui en attend un autre et qui vient voir le premier à l’hôpital. Parce que Jules est malade. Je ne sais pas si c’est à cause de moi ou non, la notion d’être une « bonne mère » est tellement subtile que je ne sais pas si elle peut s’attitrer à moi. Ellen Gibson est tout sauf une bonne mère je pense. J’imagine que ce qu’on appelle ainsi sait faire la cuisine, prend le temps d’oublier le boulot pour aller chercher son gamin à l’école et ne laisse pas son môme à la garderie fédérale de Quantico quand une affaire urgente se présente. Remarque il a toutes les chances de connaître la juste valeur du travail ce môme, en voyant ses parents passer leurs nuits, leurs journées, leurs vacances et leurs weekends se prendre la tête pour une affaire. Aaron et moi sauvons des vies, arrêtons des tueurs en série, mais la nuance est subtile pour un enfant de son âge, il n’a que 3 ans, presque 4. Allez expliquer à un enfant que les méchants ne s’habillent pas toujours en rouge et n’ont pas toujours un sourire sadique qui nous permet de les repérer. Le mal est partout et je suis le genre de femme à psychoter pour un rien. J’aurais été divine en scénariste !

    Il y a des tas de gamins ici, des tas d’enfants attendant la grâce de Dieu ou de ne je sais qui. En parlant de grand con je ne pense pas qu’on soit si loin de la vérité. Tout ça est très aléatoire selon moi. Pourquoi des hommes qu’on enferme passent une soixantaine d’année en prison alors que des petits bouts de chou libres comme l’air sont condamnés par la maladie ? Ca veut dire qu’il y a bug dans le logiciel non ? Enfin ça c’est un truc que Garcia aurait pu sortir. Personnellement j’appelle ça le bordel. Le monstrueux bordel de la sélection naturelle. Mais je persiste à dire qu’ils n’ont rien demandé. Rien demandé de plus que d’aller à l’école comme tous leurs copains qu’ils n’ont même plus le loisir de voir. Profiter de leur innocence n’est plus qu’un rêve. Même s’ils guérissent ici ils perdent bien plus que le moral : leur enfance. La maladie force les enfants à grandir beaucoup plus vite qu’ils ne devraient. A se montrer aussi courageux face à la maladie qu’un adulte, on leur en demande beaucoup, et ils s’en sortent souvent mieux que nous. Quand les enquêtes touchent aux enfants, je suis toujours sur la défensive, nerveuse et très moyennement aimable, plus personne ne s’en fait plus cependant, ils me connaissent ainsi. Il n’y a qu’Aaron pour tenter de me faire changer, mais c’est peine perdue. Parce que ces gosses ressemblent tous au mien dans ces cas là. Personne n’est à l’abri, pas même les plus riches ou les plus innocents, tout le monde est égal face à un tueur en série, à la misère et la haine du monde entier. Et que les enfants soient mélangés à cet amalgame de victimes potentielles me rend dingue.

    Ma grossesse aurait pu me préoccuper un peu plus si je n’avais pas autant de soucis avec Jules. J’espère pouvoir me rattraper une fois qu’elle sera venue au monde, parce que pour le moment entre mes ruptures express avec les hommes, dont je le rappelle, un joueur de foot international (en espérant que ça compte dans la balance, venu l’adolescence, le moment où tous les reproches sont bons à faire, remarque maman se sera envoyé un super canon alors y a prescription…), le boulot et les allers/retours entre le bureau et l’hôpital, je n’ai pas eu le temps de fixer un prénom, de commander la chambre, de faire toutes ces choses qu’une mère est censée faire avant la naissance d’un enfant. La seule façon dont je vie pleinement la grossesse est de râler, je râle TOUT LE TEMPS ! Même Strauss, ma supérieur au FBI cherche à me faire virer, elle ne me supporte plus et je dois avouer que mon équipe doit être dans le même cas parce qu’ils ont réussis à me faire bannir du terrain le temps d’accoucher. Je suis si chiante que ça ???

    Je retrouve mon fils, enfin. Cette petite bouille qui me ressemble. Qui ressemble aux Gibson à la base. Ce visage fin, ces petites tâches de rousseurs, ce regard rieur et cette énergie débordante. Encore que mon frère, une fois qu’il a fumé son pétard en écoutant du Hendrix, n’est plus tout à fait ce qu’on appelle « en vie ». Il est plutôt digne de la grande lignée des toxicos d’un soir. On le pose dans une pièce, on le retrouve dans le même état. Les soirées c’est son truc, il passait son temps à sortir, alors vous comprenez bien que les cours lui passaient au dessus. Il a eu des tas de conquêtes, mais quelques unes plus sérieuses que les autres. Il avait un petit groupe d’ami, enfin il traînait toujours avec deux filles. Gabrielle et Billie. Il les ramenait rarement à la maison, la plupart du temps il allait chez elles ou s’enfermait dans sa chambre avec elle en passant par la fenêtre. Je ne les ai que très peu vues, de toute façon j’ai fais ma vie très vite, très tôt et très indépendamment de tout le monde. A 15 ans je suis entrée à la fac, me faisant adopter par le campus, et à 17 j’intégrais le FBI, alors les fréquentations de mon frère… Tout ça pour dire que la seule façon dont nous nous ressemblons à présent c’est physiquement. On n’y peut rien, c’est ainsi. Je ne me plains pas, je pense avoir hérité du bon côté de ma mère, à savoir sa morphologie, pour le côté maternel j’espère y avoir réchappé !

    Quand la jeune femme près de moi, sûrement là pour les mêmes raisons que moi, le fait de culpabiliser de voir son enfant à jouer entre 4 murs plutôt qu’en plein air, demande à sa fille de jouer avec les autres, la première réaction de mon fils fut de sourire très largement et de se précipiter pour proposer le ballon à la petite fille. Le portrait craché de sa mère. Finalement heureusement que nous pouvons revendiquer le fait que ce soit les nôtres autrement que dans la souffrance. Voir un bout de nous même dans ce que nous avons fait de mieux dans nos vies est une forme de réconfort dans le fond.

    Jules, doucement le ballon, il y a d’autres enfants.

    Parce que si la dite petite Rachel a l’air aussi vive que le mien, mon fils est aussi bourrin que son oncle et sa mère réunis. Il peut-être très délicat, comme pas du tout. Ça fait parti du jeu sans doute. Aaron lui a légué son côté attentif, altruiste, mais moi j’ai dû lui refiler tout le reste, à commencer par mon caractère et mon côté « je ne supporte pas de rester en place ». Je m’adosse au mur, à l’instar de la jeune maman dont la fille joue avec mon fils, on regrette ce temps de l’innocence. Je joins mes mains pour les mettre entre mes jambes, Dieu qu’il ne fait pas bon être enceinte en étant une femme active !

    Elle est là pour quoi ?

    Sa fille. Je me doutais que ce n’était pas un contrôle de routine, qu’elle n’attendait pas simplement les résultats d’une prise de sang. Je suis profiler, et cette femme semblait tout aussi épuisée que moi d’espérer. L’espoir fait vivre, heureusement ceci dit, parce qu’il y a longtemps que notre culpabilité, commençant à se lire sur nos visages, aurait eu raison de nous.

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