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 Concours de circonstances

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MessageSujet: Concours de circonstances   Lun 25 Avr - 13:50


L'obscurité dévorait chaque ruelles, chaque recoins même reculés de Seattle. La nuit apportait avec elle son lot d'échos à la fois joviales et indicibles. Les bras serrés autour sa silhouette, cherchant sans nul doute à disparaître sur elle-même, Teresa remontait l'interminable allée qui se dressait devant elle. Il était tard et, elle ne pensait qu'à une seule chose: rentrer enfin chez elle. Ce qu'elle faisait, ici, présentement, à une heure pareille ? Raison indubitablement cliché: elle s'était endormie à la bibliothèque. Elle avait beau jouer la parfaite petite caissière dans le supermarché minable de son quartier, elle n'en était pas moins intelligente. A dire vrai, elle suivait quelques cours du soir. Son but premier n'était certainement de moisir ici, quoi qu'elle appréciait malgré tout ses quelques habitudes. Elle inhala profondément l'air frais, accéléra le pas lorsqu'elle dépassa un bar où, l'ambiance semblait tourner essentiellement autour de l'alcool. Toute cette cohue ambiante n'était pas réellement de son univers. Elle ne sortait pas beaucoup. Il n'y avait qu'avec Tim, ce garçon un brin maladroit, mais adorable qu'elle daignait sortir le bout de son nez. Elle n'était pas réellement à son aise au milieu de la foule. De toute évidence, elle n'était pas sincèrement douée lorsqu'il s'agissait des relations humaines. Elle grimaça lorsqu'une porte laissa filtrer quelques fragrances âcres. Encore un petit quart d'heure et, elle serait enfin chez elle.

Seulement, elle n'eut pas le temps d'anticiper ce qui se produisit ensuite. Une masse relativement imposante la percuta de côté dans un grognement goguenard. La jeune femme ne chercha même pas à se rattraper; elle s'affala brutalement contre le mur adjacent. Sa tête heurta le bitume puis, les ténèbres vinrent obstruer sa vision. La douleur, lancinante se répercuta dans la totalité de ses membres, si bien qu'elle ne parvint qu'à geindre péniblement.

- Ça va, ma gazelle ?

Elle voulut ouvrir la bouche pour répondre mais, un souffle écœurant vint effleurer son visage. Le malotru, lui, sembla opportun de laisser ses grosses paluches vagabonder sur ses courbes. Teresa battit mollement des bras, encore étourdie par le choc, alors qu'elle sentait un liquide chaud ruisseler le long de sa tempe.

- Laissez-moi !
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MessageSujet: Re: Concours de circonstances   Lun 25 Avr - 14:19

    Les rues chancellent autour de moi, à moins que ça ne soit moi qui chancelle autour d’elles, à voir. Je ne sais pas trop ou je suis, et encore moins où je vais. Mais je sais d’où je viens ! Du bar, celui de la Licorne, si si, un bar avec une grande licorne à l’intérieur et partout sur les murs, tellement que ça devient une obsession quand vous en sortez, vous la voyez partout, cette foutue licorne. Un verre ça, va, deux verres, ça va ça va, trois verres… C’est que vous avez quelque-chose à noyer dans l’alcool. Ce n’est pas le chagrin, ce n’est rien d’autre qu’une victoire à fêter. Une grosse victoire. La victoire du procès que j’ai eu à éprouver aujourd’hui. Je l’ai gagné, ce foutu procès et j’en suis plutôt fière, je crois. Même si pour ça, j’ai dû faire sortir une pourriture de prison. Le genre crime en col blanc et quelques putes sous le tapis. Mais tout le monde en fréquente, non, des putes ?
    Je titube hors du bar, dans mon tailleur hors de prix, talons aiguilles aux pieds et veste pendue à mon bras, j’ai chaud, je crois que j’ai chaud, non, en fait, j’ai super chaud.

    En remontant la rue, je me fais siffler une ou deux fois par des mecs en bagnoles, je crois même qu’ils sont plus éméchés que moi. Je crois beaucoup de choses quand j’ai un peu bu. Juste un peu… ou alors c’est que la licorne m’a fait perdre le compte.
    Les rues ne sont ni désertes, ni calmes la nuit, encore moins ici, tous les étudiants se retrouvent dehors pour boire un verre, flirter, et pire encore. Et sur mon chemin, se dresse un homme, qui domine une jeune femme de toute sa hauteur. N’est-il pas en train d’abuser de sa position ? Foutu homme des cavernes…

    - Hey, elle t’a dit de la laisser…

    J’ai l’air fin, comme ça, toute bourrée que je suis. Mais après tout, qui ne tente rien n’a rien paraît-il, à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Si je triomphe tout court je serais déjà fière.

    - Tu veux une partie à trois pétasse ?

    Il vient de me traiter de pétasse ? Il sait seulement à qui il s’adresse ? En deux coups de fil je peux lui mettre la mafia sur le dos, qu’il se méfie. Si mes fréquentations ne sont pas très louables, je sais m’en servir, je l’ai appris et j’ai encore eu la confirmation tout à l’heure que je n’avais pas à hésiter si les ennuis venaient à croiser mon chemin.

    - Je suis à peu près certaine que tu ne voudrais pas de Stelito Andruzzo aux trousses. Il est sorti de prison tout à l’heure tu sais. Un coup de fil et je lui donne ta description. Alors… Laisse-la.

    Il semble réfléchir à ce que je suis en train de lui proposer et abandonne l’affaire, non sans quelques insultes qui fusent, mais je n’en n’attendais pas moins de lui. Je m’appuie contre le mur, j’ai chaud d’un coup ! Je glisse une main dans mes cheveux et d’un coup de menton vers ma petite victime sauvée in extremis, je l’interpelle.

    - Tu vas vraiment rentrer chez toi toute seule ?
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MessageSujet: Re: Concours de circonstances   Lun 25 Avr - 15:42


Elle se recroquevilla comme elle put. Peut-être que tout ceci n'était qu'un malheureux cauchemar ? Sans doute allait-elle se réveiller au milieu de son lit ? Mais, les paumes avides qui palpaient présentement ses contours n'avaient rien d'un rêve. Elle s'agita davantage alors que son cerveau se mit à tourner plus droit. Sa petite main cramponna l'épaule au dessus d'elle, repoussa vainement la masse imposante au dessus d'elle. Alors, elle ferma les paupières, prête à se rendre. De toute évidence, elle n'était pas en mesure de lutter. Et, la crainte la broyait bien trop pour qu'elle ne réfléchisse correctement. Mais, une voix à la fois menaçante et brisée résonna non loin d'elle. Elle ne comprit pas totalement ce qui se déroula par la suite mais, le gaillard finit par se relever non sans pleurer quelques jurons qu'elle n'assimila pas. La jeune femme papillonna des cils quelques instants avant de porter toute son attention sur sa mystérieuse sauveuse.

- Je...

Encore tremblante, elle se releva tant bien que mal. Sa tête lui faisait atrocement mal. D'ailleurs, elle fut contrainte de constater - en passant ses doigts à hauteur de sa tempe - qu'elle saignait. Elle déglutit péniblement, le cœur au bord du billot, et prit appuie contre le mur derrière elle.

- Oui... je ne vis plus très loin...

Elle se surprit à vouloir demander à la jeune femme de l'accompagner mais, elle se contenta de baisser timidement les yeux. Elle n'était pas habituée à quémander quoi que ce soit. Elle passa fébrilement ses paumes sur ses vêtements et se racla la gorge.

- Vous... vous m'avez sauvé.

Teresa inspira bruyamment.

- Merci, répéta-t-elle.
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MessageSujet: Re: Concours de circonstances   Lun 25 Avr - 19:31

    Si j’avais dû lui trouver un qualificatif, ça aurait été… timide, réservée, introvertie et prête à se faire bouffer. Elle aurait préféré le laisser finir plutôt que de lui demander de s’en aller. Un tel manque de caractère ! D’où venait-elle ? Sans doute pas du bar du coin. Je ne suis même pas certaine à vraie dire, si elle eut un jour la chance de goûter à l’alcool. Si ce n’est pas le cas, elle ne sait pas ce qu’elle rate. Quoi que je ne me souviendrais peut-être même plus de tout ça dans quelques heures, je crois que les derniers verres ont été plus traitres que prévu. Les enfoirés !

    - Et c’est déjà trop loin.

    Riant bêtement à ma propre phrase. Plus très loin, c’est déjà trop loin. Je suis un pur génie. Et un pur génie bourré. C’est pour ça que les trois quarts des artistes finissent mal, parce que le génie n’est accessible qu’après ouverture de conscience et… oui, je m’éloigne, laissons tomber.

    - Sauvé ? N’importe quoi. C’est juste un abruti en manque. Y en a partout des comme lui.

    Je ris encore une fois, à mes bêtises encore une fois. Je titube, mais je peux faire des kilomètres sans m’en rendre compte. Et sur talons !

    - Arrêtez de dire merci et payez-moi plutôt un verre ! Quoi que… non, pas de verre. Plus de verre… Je vais vous raccompagner. En plus vous… Il vous a pas loupé l’enfoiré. ENFOIRE !!!

    Hurlant dans la rue en levant le bras comme si j’avais le pouvoir de le ramener jusqu’ici pour le latter moi-même. Quel courage…

    - En fait, on va plutôt aller chez moi, parce que si je m’assied sur votre canapé, je risque de m’y écrouler, et je dois vous soigner ça… Venez. C’est… par là. Je crois. Vous savez conduire ?

    Je lui tends mes clés, les clés d’une sublime Audi flambant neuve, le dernier modèle. Si je peux éviter de me faire ramasser par les flics tout de suite, ce serait une bonne chose, ce serait au moins un début…

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MessageSujet: Re: Concours de circonstances   Mar 26 Avr - 12:51

Elle tituba un peu lorsqu'elle pensa à avancer un pied devant l'autre. Peut-être devrait-elle téléphoner à Tim ? Elle était quasi-certaine qu'il se hâterait de la rejoindre pour l'arracher à tout ceci et jouer ainsi les héros. Tim n'était pas un mauvais bougre au contraire. Cela faisait maintenant quelques années qu'ils se fréquentaient. Et, Teresa était forcée d'admettre que ce dernier passait son temps à lui courir après. Non pas qu'il se montrait lourd ou pressant, non, mais il semblait attendre le moindre signe pour s'immiscer dans la brèche. Quant à elle, elle ne savait réellement où se placer. Elle appréciait profondément le jeune homme mais, elle n'était sans doute pas encore prête à ouvrir son cœur. A dire vrai, les relations amoureuses n'avaient jamais été réellement sa tasse de thé. Elle était bien souvent trop peu, ou définitivement pas assez. Son regard détailla alors les courbes appétissantes qui lui faisaient face. Cette femme, en revanche, ne devait pas avoir de soucis. Elle était d'une beauté quasi-irréelle et, visiblement, d'un charisme sans bornes une fois les effluves d'alcool passées. Oui, parce que Teresa avait bel et bien remarqué l'état d'ébriété dans lequel elle se trouvait. Elle passa une main peu assurée sur sa nuque, puis ne manqua pas d'écarquiller les yeux lorsqu'elle vit les clés s'agiter sous son nez.

- Je ne suis pas sûre que...

Mais pouvait-elle se permettre de refuser une telle proposition ? Après tout, cette inconnue l'avait gentiment secouru. De plus, se sentait-elle véritablement capable de rentrer seule désormais ? Non, bien entendu. Elle soupira donc imperceptiblement, puis récupéra les clés qu'elle lui tendait.

- Très bien.

Non sans tendant quelques fois les mains pour retenir la blonde chancelante, elles regagnèrent rapidement le dit véhicule. D'ailleurs, Teresa ne put qu'ouvrir bêtement la bouche. Ce n'était décemment pas le moment d'emboutir cette voiture. Sa sauveuse devait être incroyablement fortunée pour posséder un tel modèle. Elle secoua rapidement sa petite tête afin de se concentrer davantage et ouvrit la portière à la jeune femme.

- Ça va aller ?, tenta-t-elle, vous... vous n'allez pas vomir ?

Elle s'installa alors côté conducteur et, s'engouffra dans les allées de Seattle sous les instructions de la jeune femme.
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MessageSujet: Re: Concours de circonstances   Mar 26 Avr - 13:18

    Elle n’est pas sûre de quoi ? Que rentrer en vie soit une bonne idée ? Conduire une voiture n’est pourtant pas sorcier et encore moins la mienne qui se conduis toute seule. Mais non seulement je n’ai pas besoin que les flics me tombent dessus, je ne me sens pas en état et si je venais à la planter, j’aurais du mal à aller bosser demain. Mes clients apprécient la ponctualité, et un client mécontent est un cadavre potentiel en plus, le mien, en l’occurrence.

    - Si, vous êtes sûre.

    C’est comme ça, et pas autrement. Je viens de lui sauver la vie, comme elle dit, elle serait assez bête pour la mettre à nouveau en danger en refusant de prendre le volant ? Je ne crois pas.
    Elle accepte enfin, et bien on saura le temps qu’il faudra pour batailler. C’est une jeune femme que je pense intelligente, un peu paumée et avec un instinct de survie moindre mais plutôt futée dans son genre quand elle doit s’en donner les moyens.
    Je titube jusqu’à la voiture, avec son aide, et trouve enfin où je m’étais garée, non sans avoir lancé à tords et à travers des coups de bip pour chercher d’où pourrait provenir le déverrouillage de ma voiture.

    - On verra bien.

    Je me laisse choir dans l’habitacle de ma décapotable presque flambant neuve et soupire d’aise. Je programme le GPS pour rentrer à la maison et sombre dans un sommeil tourmenté, jusqu’à ce que nous soyons arrivés. Une fois dans le parking sous-terrain, j’émerge. Difficilement, je trouve le chemin vers l’ascenseur menant au 15ème étage de l’immeuble, un sublime triplex en plein centre-ville, luxueux à souhait, avec vue imprenable sur toute la ville grouillante que se trouve être Seattle. Une déco froide et épurée, moderne. De ce qui se fait de plus design et de plus demandé en ce moment. Rien ne traine, tout est à sa place, c’est comme ça que j’aime les choses quand je suis dans un état de contrôle, ce qui arrive au final seulement au boulot.

    - La salle de bain est par... là.

    Lui indiquant d’un doit mal assuré. Je la fais asseoir sur la baignoire en l’y poussant légèrement et pose mes mains sur son visage pour examiner sa plaie. D’ici, ce n’est pas très joli, et une fois sobre, je pense que ça le sera encore moins. Je verse un peu de désinfectant sur une compresse que j’applique sur son visage pour nettoyer le tout. Je panse sa blessure et lui donne même une aspirine plongée dans un verre d’eau.

    - Mangez quelque-chose, vous allez vous effondrer.

    Manquant de tomber en me rattrapant à l’évier.
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MessageSujet: Re: Concours de circonstances   Mar 26 Avr - 13:42

Quelques mètres suffirent à la jeune femme pour s'effondrer contre la vitre. Teresa lui jeta un rapide coup d’œil visiblement inquiet, mais ne s'en formalisa pas pour autant. Cette dernière avait, définitivement, trop ingurgité d'alcool pour être en totale possession de ses moyens. Prudemment donc, elle sillonna les rues de Seattle jusqu'au lieu dit. Elle dut se contenir pour ne pas laisser échapper un sifflement d'admiration lorsqu'elle se retrouva nez-à-nez avec un immeuble à la hauteur interminable. Elles n'étaient pas du même monde. Si Teresa en doutait déjà, là, elle venait d'en avoir la certitude. Silencieusement, elle accompagna la jeune femme jusqu'à son appartement où, là encore, la vision lui coupa le souffle. Quel métier faisait-elle ? Elle l'ignorait. Mais, quoi qu'il en soit, elle roulait sur l'or. Teresa n'avait jamais manqué de rien durant son enfance. Et, même encore aujourd'hui, on ne pouvait pas dire qu'elle se trouvait démunie. Cependant, force était de constater qu'elle n'était pas aussi prestigieuse que celle-ci. Teresa suivit la jeune femme jusqu'à la salle de bain et s'assit docilement sur le rebord de la baignoire. Elle laissa cette dernière effleurer son visage du bout des doigts, et ne put ravaler un frisson déroutant. Elle retint une grimace lorsqu'elle sentit la compresse se poser sur sa blessure.

- Aïe...

Teresa sourit faiblement face à son propre enfantillage et baissa timidement les yeux, avant d'avaler l'aspirine qu'elle lui tendait. Cependant, elle dut se redresser rapidement afin de rattraper maladroitement la jeune femme. Là, elle osa enfin plonger son regard dans le sien, et se racla la gorge.

- Vous devriez vous allonger...

Sans forcément attendre une quelconque réponse, Teresa la guida jusqu'au sofa qu'elle avait déjà remarqué au préalable. Elle s'assura que celle-ci fut bien installée, puis farfouilla dans l'énorme cuisine afin de lui porter un grand verre d'eau.

- Vous... avez besoin de quelque chose ?
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MessageSujet: Re: Concours de circonstances   Mar 26 Avr - 13:56

    Si je suis parfois un peu brutale, mes gestes n’en sont que mieux guidés de façon maladroite par ma propre alcoolémie, semblant frôler des sommets. Je tiens l’alcool, plus que n’importe quelle autre femme du barreau, je crois, mais ce soir, la fatigue aidant ou peut-être un petit rail de coke en trop, et c’est la débandade. Je serais capable de m’endormir dans mon propre dressing en me déshabillant tellement je ne suis plus maîtresse de moi-même. Il me faudrait quelque-chose, ou quelqu’un pour me remettre sur pieds. Ou une bonne nuit de sommeil. Suis-je pourtant du genre à régler mes problèmes de façon saine et sereine.

    - Oui, aïe, merde. Pardon.

    Je me prends moi-même les pieds dans le tapis, comment vous dire, si ce n’est que la seule chose dont je sois capable à présent est de me mettre en pilote automatique en espérant que ça me mène quelque-part.

    - Je devrais oui…

    Elle me guide jusqu’au canapé, dans le salon, sur lequel je m’effondre comme une débutante. Il n’est pas si tard que ça, tout juste minuit et je suis déjà raide. Sans doute aurais-je dû prendre le temps d’accepter l’invitation à dîner de mon client au restaurant avant de sortir me miner la tête. Mais il en est ainsi.

    - Oui une… aspirine, ou… un autre verre. Je ne sais pas trop encore…

    Une main barrant mon front, qui menace de céder à la pression qui se trouve à l’intérieur de ma tête. Ou encore, un petit cocktail de ma confection.

    - Apportez-moi la petite boite là, dans le recoin de la cuisine, sous l’évier.

    Je tends le bras, je sais exactement ce que je veux, et surtout où ça va me mener, mais qu’importe, la lucidité est à présent à des milliers d’années lumières de moi, c’est pour vous dire…
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MessageSujet: Re: Concours de circonstances   Mar 26 Avr - 14:19

Teresa contempla à nouveau la silhouette, visiblement désarticulée, de la jeune femme. Elle était d'une beauté réellement saisissante. Elle se surprit même à incliner quelque peu la tête sur le côté. Mon regard s'attarda sur les traits de son visage, le long de son clavicule puis... mais elle s'empressa de secouer vivement sa petite caboche. Le coup qu'elle s'était pris l'avait sans aucun doute sonné. Oui, cela ne pouvait en être autrement. A la demande de son interlocutrice, Teresa partit à la recherche de la fameuse boîte en question. Elle lui tendit sa requête et attendit avec intérêt ce qu'elle venait de quémander. Étrangement, elle avait un mauvais pressentiment. Elle fronça ses sourcils en une expression à la fois perplexe et méfiante. Elle fit quelques pas en sa direction, sans chercher à contenir sa curiosité puis écarquilla les yeux.

- Je ne... suis pas sûre que ce soit une bonne idée.

Elle prit prudemment place à ses côtés, se penchant imperceptiblement au dessus du coffret pour observer la petite poudre blanche. Elle releva ensuite ses prunelles pour les plonger dans les siennes et fit une légère grimace, spontanée.

- Vous êtes... déjà suffisamment...

Mais elle se tut, n'osant pas réellement terminer sa remarque. Après tout, de quel droit se permettait-elle de juger ainsi la jeune femme ? Alors elle se voûta quelque peu, les joues légèrement rosées.

- Pardon..., chuchota-t-elle.
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MessageSujet: Re: Concours de circonstances   Mar 26 Avr - 15:40

    Elle hésite à me faire passer la boite, sans doute a-t-elle regardé à l’intérieur. C’est humain et un esprit curieux est un esprit sain paraît-il. Je n’étais pas certaine qu’elle le soit. Comment un esprit si sain que ça pourrait se laisser attaquer sans réagir ? Ah oui, la peur… la peur est censée vous retenir, faire de vous une personne plus sensée, sans doute aussi plus responsable. Je n’ai peur de rien et c’est bien là mon problème. Comment pourrais-je bosser pour ce genre d’individus si la peur me tenaillait le ventre ? Rien ne me retient, si ce n’est le sol sur lequel je m’écraserais au moment où ma chute sera certaine.

    - Bien sûr que ce n’est pas une bonne idée, et alors ?

    Je ne lui demande pas son avis, c’est ce dont j’ai besoin qui se trouve dans cette boite. Les choses qui vous donnent le plus de plaisir sont aussi celles qui vous détruisent. Pourquoi vous pensez que les religieuses vivent aussi vieilles qu’on peut le compter ? Parce qu’elles se privent de tout, ne vivent pas et font de leur calvaire une peine supplémentaire de par les années de vie gagnées. Je préfère vivre pleinement et finir dans le vent, que de me voir entretenue par la frustration.

    - Je suis suffisamment quoi ? Apathique ? Défoncée ? Je ne suis pas défoncée, pas encore.

    Je lui lance un regard noir, et récupère la boite, trouvant en moi la dernière once de force pour dessiner une ligne et tirer dessus, aussi fort que je le peux, comme si se trouvaient en ces quelques grains mon nouveau souffle de vie.
    J’envoie ma tête en arrière et inspire profondément. Elle n’a jamais dû rien voir de tel, je le sens rien qu’à son regard effrayé.

    - Vous voulez essayer ?

    Sourire et regard mutin quand je m’adresse à elle. Lui tendant le billet roulé de 100 $ qui fait office de paille.
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MessageSujet: Re: Concours de circonstances   Mar 26 Avr - 17:37

Elle sursauta lorsque la jeune femme sembla enfin sortir de ses gonds pour rétorquer son besoin d'avaler cette cochonnerie. Alors, elle recula imperceptiblement du sofa afin d'imposer un peu plus d'espace entre elle et cette parfaite inconnue. Sans piper mot, elle la regarda étaler méthodiquement la poudre pour, ensuite, l'inhaler bruyamment. Teresa ne put contenir à nouveau une grimace embarrassée. Que pouvait-il bien se passer dans une existence pour, finalement, s'abaisser à ceci ? Pourtant, elle ne semblait manquer de rien. Il suffisait de regarder autour de soi pour constater cela. Alors, elle inclina sa petite tête, comme si elle cherchait encore à comprendre ce qui habitait la blonde pour qu'elle n'agisse de cette manière. Cela était, Teresa n'avait jamais été très maline lorsqu'il s'agissait de ses congénères. Elle ignorait à chaque fois ce qui poussait ces derniers à embrasser un voie plutôt qu'une autre. Elle passa une main sur son visage, et détourna les yeux lorsqu'elle lui présenta l’ustensile utilisé.

- Hm, non... merci.

De toute évidence, Teresa connaissait que très peu de choses de la vie - pour ne pas dire qu'elle ne connaissait rien -. Elle se redressa, soudainement agitée et se pinça la lèvre.

- Je ferai mieux de vous laisser..., chuchota-t-elle .

Elle se racla la gorge, reculant prudemment vers la porte.

- Encore merci, pour... votre gentillesse.
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MessageSujet: Re: Concours de circonstances   Mar 26 Avr - 18:01

    Vient-elle simplement de la même planète que moi ? Je l’ignore, mais je commence à en douter. Elle est tellement innocente, a l’air tellement douce, que dans cet appartement, elle met une note de couleur et de sincérité que je n’ai pas vue depuis des années. Je me suis perdue dans le métier que j’exerce, pour mes clients, ma réputation, ma réussite et je ne saurais dire combien ça me fait du bien, sans que je ne puisse encore le remarquer ou mettre le droit dessus.

    - Vous passez à côté de quelque-chose, vraiment…

    Je préfère le lui dire, elle est en train de se priver d’une nouvelle expérience, autant saisi les occasions quand elles se présentent, c’est comme ça qu’on vit pleinement, mais je crois que ce n’est pas sa priorité. Loin de là.
    Elle s’apprête à me fausser compagnie. Est-elle simplement sérieuse ? L’a-t-elle envisagé ? Je me sens d’humeur taquine à présent, la coke a fait son effet et me voilà prête à déplacer des montagnes. Mais pour l’heure, c’est surtout mon corps que je déplace, telle un serpent venimeux, qui se coule vers sa proie et pose la main sur la porte qu’elle vient tout juste d’entrouvrir pour la refermer presque bruyamment.

    - Tu ne penses sincèrement pas t’en aller maintenant ? Dans cet état… Le monde est dangereux, tu ne devrais pas…

    Je joue de mon nez contre le sien et chasse son visage de mes lèvres. Je peux sentir la peur de là où je suis, celle qu’elle émane, elle serait prête à tout pour avoir la paix, disparaître aux yeux du monde. Mais elle ne vit pas, elle se cache…
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MessageSujet: Re: Concours de circonstances   Mar 26 Avr - 18:13

Ses doigts harponnèrent la poignée et, la porte s’entrebâilla légèrement. Elle avait besoin d'air; voilà la vérité. Alors, elle tenta de se hisser hors de cet appartement, loin de cette femme, mais son dernier rempart à une possible liberté se referma aussi sec, faisant sursauter Teresa. Elle papillonna des cils à plusieurs reprises, le souffle court et le cœur battant, avant d'oser porter un regard interrogateur vers la blonde. Qu'est-ce qu'elle attendait d'elle présentement ? Là était la question qui vrillait, tournait en rond dans son esprit volubile. Elle ouvrit d'ailleurs la bouche, prête à articuler une banalité sans nom, mais le visage de la jeune femme s'approcha bien trop vide du sien. Elle n'eut pas le cran d'esquiver cette nouvelle proximité. Son souffle alcoolisé vint caresser sa peau pâle, et annihila toutes formes de réflexions cohérentes. Sans réellement assimiler la nature de son propre geste, Teresa posa sa main sur l'épaule de son interlocutrice. Que voulait-elle ? Elle l'ignorait. Une lutte improbable entre ses reins s'éveillait. Alors, elle ferma les paupières, déglutit bruyamment.

- Qu'est-ce que...

Elle aurait voulu s'échapper de cette étrange étreinte, passer le seuil de cette porte et fuir cet immeuble sans ne jamais se retourner. Cependant, elle ne parvint qu'à déposer sa seconde main près de sa clavicule. Que faisait-elle ? Bonne question. Ses songes n'avaient présentement plus rien de cohérent. D'ailleurs, tout semblait se dilater autour d'elle, se contredire dans un capharnaüm sans nom. Elle frissonna, secoua très légèrement la tête.

- Mais je...

Mais les mots s'étouffèrent dans le creux de sa gorge, et elle dut se faire violence pour détourner timidement la tête.
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MessageSujet: Re: Concours de circonstances   Mar 26 Avr - 18:27

    J’ai comme l’impression de pouvoir lui demander ce que je veux sans qu’elle n’ose même me défier dans son propre esprit. Ais-je à ce point le don de manipuler mes semblables ? Je voudrais pourtant qu’elle en ait envie autant que moi, mais soyons raisonnables, la seule chose à laquelle elle dirait oui, consciemment, là, tout de suite, ce serait au fait que j’arrête d’en faire ma victime.
    J’ai pour habitude de choisir les femmes avec lesquelles je couche, et les hommes aussi parfois si ça peut servir mes intérêts ou tout simplement mon plaisir. Quand sa peau effleure la mienne, tout ce qui se passe à l’intérieur de mon ventre n’est que chaos, le désir monte à une vitesse fulgurante, aidé par la drogue qui circule lentement à l’intérieur de mon corps en y répandant son venin.

    - Chut… tu ne penseras pas un traitre mot de ce que tu vas dire. Tu ne penseras plus à rien du tout…

    Je la plaque au mur, ses mains sur mes épaules. La tête dit non mais le corps dit oui, il hurle oui. Le mien en tout cas, hurle son prénom dont j’ignore encore tout. Mais qu’importe, n’est-ce-pas là le plus excitant ? De faire l’amour à une parfaite inconnue et de n’imaginer d’elle tout ce qu’elle n’a pas eu le temps de vous dire ?

    - Dis-moi non, impose-toi…

    Remontant sa jambe contre ma hanche, la caressant du bout des doigts, une peau nue et immaculée. Des cuisses fuselées. Des baisers dans son cou, dont je dévore la peau de mes lèvres, m’enivre de son parfum, glissant ma main libre dans ses cheveux pour les envoyer en arrière. C’est l’amour sauvage que je m’apprête à lui faire, celui du premier soir quand, l’esprit embrumé, il me tarde de me repaitre de son corps, celui qui m’a plu sous la lumière sale du lampadaire de la rue. A elle de changer la donne et de m’inspirer autre chose, encore faudrait-il qu’elle en soit consciente.
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MessageSujet: Re: Concours de circonstances   Mer 27 Avr - 12:31

Elle n'eut pas réellement le temps d'anticiper la suite à venir. Pourtant, la partie hautement raisonnable de son esprit lui avait bien demandé de ne pas s'attarder ici. Mais, lorsque la jeune femme s'était rapprochée, lorsqu'elle avait senti son souffle, ses parfums, toutes pensées cohérentes s'étaient indubitablement éteintes. Sa colonne rencontra le mur, lui arrachant un hoquet ambigu: crainte, excitation ? Elle même n'était pas certaine de ce qu'elle éprouvait. Elle n'émit aucune résistance quand la blonde laissa naître sa fougue. Elle ne put que basculer légèrement la tête, entrouvrir les lèvres pour happer ne serait-ce qu'un peu d'oxygène. Pourquoi en étaient-elles arrivées là ? Teresa n'était plus réellement certaine de le comprendre. Son ongles s'enfoncèrent davantage dans la chair tendre de ses épaules, alors qu'elle tentait de capter son regard.

- Je... je n'ai jamais fais ça... avec une femme, bafouilla-t-elle.

Ses joues prirent une teinte plus rose, alors qu'elle détournait à nouveau la tête. Elle avait honte. Et, si elle appréciait son existence tranquille, elle était forcée de l'admettre: elle n'avait que très peu vécu par rapport aux femmes de son âge. Ses paupières s'abaissèrent, alors qu'elle cherchait finalement à disparaître, à fondre contre le mur pour ne plus avoir à faire face à cette blonde incendiaire. Comment cette dernière pouvait-elle éprouver un quelconque désir en vers elle ? Elles n'étaient pas du même monde. Et, Teresa s'assimilait davantage à une petite fille que le temps aurait oublié.

- Je ne... sais même pas votre nom..., essaya-t-elle.

Non pas qu'elle souhaitait qu'elle cesse son entreprise. Ou peut-être que si. Elle n'était plus certaine de se comprendre, à dire vrai. Simplement, l'appréhension la faisait bafouiller des inepties.
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MessageSujet: Re: Concours de circonstances   Mer 27 Avr - 12:57

    J’ai toujours aimé ce sentiment de pouvoir, d’avoir le dessus sur n’importe qui, peut-être parce que ça me permet de survivre dans ce monde de requin dans lequel je me suis empêtré. Je ne saurais dire exactement à quel point il est dangereux de montrer la moindre faiblesse ici, parmi eux, qui font exécuter des hommes en un claquement de doigts, rien que sur commandement d’humeur ou je ne sais quoi. Je ne demande pas à comprendre, c’est pour le moins impossible si nous ne sommes pas de ce monde de naissance. Les adoptés ne deviennent jamais vraiment hommes de confiance, à moins de faire ses preuves un nombre incalculable de fois.
    Elle ne connait pas les femmes, je m’en serais douté. A se demander si elle a déjà connu les hommes…

    - Et… ça te déplairait ?

    Passant un doigt sous son menton. Je suis prête à lui faire l’amour, je pense que je peux introduire le tutoiement au milieu de nos échanges. J’embrasse l’arête de sa mâchoire, glisse un doigt sur sa poitrine, juste entre ses seins, par-dessus le tissu de son chemisier. Si l’alcool a pour habitude de désinhiber, le coke fait parfois de moi un animal que je ne voudrais pas croiser.

    - Invente-le ?

    Mon sourire s’étire le long de mon visage et mon regard se fait encore plus vorace. Je viens poser mes lèvres juste sur les siennes, chose que je n’avais encore jamais fait depuis le début de mon entreprise. Une certaine tendresse se mêle à mon geste.

    - Andy. Je m’appelle Andy.

    Aventureuse, je glisse une main sur son ventre, puis la fait pénétrer entre l’élastique de son sous vêtement et sa peau, sur l’aine, à peine engagée, je suis peut-être complètement raide mais pas totalement inconsciente ou irrespectueuse. Juste un peu débordée par ma libido et mon excitation grandissante.

    - Est-ce-que ça te plairait ?
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MessageSujet: Re: Concours de circonstances   Jeu 28 Avr - 0:36

Son souffle se bloqua dans le creux de sa gorge. Que se passait-il ? Elle n'était pas encore certaine de l'assimiler. Et, pourtant, elle ne pouvait nier la brûlure qui semblait s'élever entre ses reins. Qui était cette femme ? Teresa prit alors le temps de détailler son beau visage. Pour quelles raisons se ruait-elle ainsi sur elle ? Avait-elle une quelconque fracture à occulter le temps d'une étreinte ? Se trouvait-elle bien trop ivre pour véritablement ouvrir les yeux ? Elle se fit violence pour esquisser un rictus. Peut-être pourrait-elle, ne serait-ce qu'une fois dans sa vie, se laisser aller à la folie ? Depuis quand n'avait-elle pas franchis les limites ? Elle ne le savait plus. Les avait-elle seulement franchis par le passé ? Rien était moins sûr. Alors, lorsque la question plana quelques secondes dans l'atmosphère, Teresa agita timidement sa petite tête engourdie.

- N-non... je ne crois pas...

Mais que savait-elle finalement ? Elle n'avait aucune expérience. Son existence n'était qu'un long fleuve tranquille où, même les tempêtes n'osaient s'aventurer. Elle ne connaissait rien du monde qui l'entourait. De toute évidence, elle était bien trop peureuse pour tenter quoi que ce soit. Oser était un verbe qu'elle n'employait pas, qu'elle n'avait jamais employé. Au bout d'une trentaine d'années, sans doute était-ce là le moment de vivre enfin. Un souffle vaguement amusé s'échappa d'entre ses lèvres étirées, alors qu'elle plongeait un regard dans celui qui la dévorait de part en part.

- Teresa, chuchota-t-elle.

Ses doigts curieux cherchèrent davantage sa pudeur, lui faisant légèrement écarquillé les yeux. Le nœud se resserra considérablement dans le creux de son ventre. Elle se cramponna plus fort encore à ses épaules pour ne pas choir.

- Je ne... je ne sais pas..., bredouilla-t-elle.

Mais, une petite voix sinueuse lui soufflait secrètement le contraire.
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MessageSujet: Re: Concours de circonstances   Jeu 28 Avr - 0:59

    Ce sentiment de toute puissance me fascine, sans doute pour en user sur ce genre de proie. Quoi qu’elle est bien la première à se liquéfier à la simple écoute de ma voix. Je suis prête à parier que si je lui demandais d’en faire autant, elle serait prête à rendre l’âme !
    Elle ne fait rien pour me faciliter la tâche à savoir si elle aussi éprouve un peu de désir, mais je suis trop défoncée pour m’en soucier. Abrutie que je suis. Sobre, j’aurais fait les choses autrement.

    - Alors laisse-toi tenter ?...

    Toujours une façon malgré moi, de lui demander son accord, c’est sans doute mon subconscient qui me dicte ma conduite parce que si je devais m’arrêter, là, maintenant, je devrais sans doute en découdre avec le plaisir solitaire. Elle est bien trop belle et trop frêle pour que je ne laisse passer l’occasion de tenter quoi que ce soit. Une toute petite chose entre mes bras voraces. Qui donne envie de la protéger, sans doute. De la cajoler, d’en prendre soin. Mais ça, ça me viendra demain matin. Pour l’instant, j’ai juste envie de l’éblouir.

    - Teresa…

    Chuchotais-je à son oreille en embrassant son cou, la peau tendre sous son menton, me repaître des effluves qu’elle laisse émaner d’elle.

    - Tu ne sais pas…

    Osant une main encore plus entreprenante à l’intérieur de son sous-vêtement, j’atteins son intimité, sur laquelle j’applique quelques caresses en douceur, donnant à mes gestes une amplitude grandissante, sans pour autant dépasser la limite d’une première caresse. Je la sens déjà fondre, serait-ce pour moi ?

    - Et maintenant Teresa, tu sais ?...

    Déposant un baiser sur ses lèvres, à la fois doux et délicat… Mon regard intense et saturé de désir se plantant dans le sien.
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MessageSujet: Re: Concours de circonstances   Jeu 28 Avr - 15:07

Elle ne savait plus. Ses sens s'étourdissaient, s'enlisaient en une ronde nébuleuse, qu'elle ne parvenait pas encore à saisir. Ses bras se rejoignirent autour de sa nuque pour gagner un semblant de prise, alors qu'elle laissait les lèvres de la jeune femme arpenter la peau sensible de sa gorge. Un frémissement à la fois craintif et impatient agita son épiderme brûlante. Comment s'appelait-elle déjà ? Cela avait-il une réelle importance finalement ? Teresa inhala bruyamment l'oxygène qui semblait se faire rare en cet instant. Elle suffoquait. Toutes les cellules de son corps suffoquaient. Que désirait-elle réellement ? Plus l'évidence s'imposait à elle et, plus elle aurait souhaité définitivement disparaître. Elle n'était qu'une enfant; voilà la vérité. Et, éprouver une émotion quelconque envers une femme lui était totalement étranger, voir complètement insensé. Comment aurait-elle pu songer à une telle chose, alors qu'elle n'avait connu qu'un seul homme dans sa vie et, qu'elle n'était pas capable de s'ouvrir davantage à Tim qui, - elle le savait secrètement - ramait à contre courant dans l'espoir vain de goûter à ses baisers. L'intrusion entre ses apparats se fit plus intime encore et, bientôt, fit rouler ses yeux dans leurs orbites. La décharge se propulsa aux quatre coins de ses membres, si bien qu'elle crut un instant qu'elle allait s'évanouir. Un souffle plus rauque, plus chaud vibra dans le creux de sa gorge, tandis qu'elle se surprit à faciliter davantage le passage à la jeune femme.

- Je... je crois...

Un gémissement lui fila entre les lèvres. Elle plaqua une main embarrassée contre sa bouche, les joues rouges de honte, mais également d'excitation. Elle n'assimilait pas l'effervescence qui se déployait au cœur de ses veines. Et pourtant, au fur et à mesure qu'Andy dépassait des limites qu'elle n'avait jamais franchis, Teresa ne pouvait s'empêcher de réclamer silencieusement cette main audacieuse qui insufflait enfin un souffle de vie en elle.
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MessageSujet: Re: Concours de circonstances   Jeu 28 Avr - 15:28

    J’ignore même si elle a déjà connu le plaisir charnel un jour. Ce que je lis dans ses yeux à présent est la peur de l’inconnu mais aussi l’envie d’y prendre goût. Cette envie de dépaysement, de nouveauté, de changer de vie, de sauter à pieds joints dans le vide, sans regarder en arrière. Je me demande tout de même à quoi peut bien ressembler sa vie. A la voir, elle sort du couvent, mais à examiner les traits délicats de son visage, elle doit attirer toutes les convoitises.
    Je doute du fait qu’elle ne se soit même déjà laissée regarder par une femme, quelle qu’elle soit. C’est sans doute le genre éducation bien catholique, bien pensante, rien qui ne dépasse, jamais, bien sous tous rapports, on ne sait jamais qu’il y ait quelque détail qui sorte du cadre et la fasse ainsi montrer du doigt.
    Ses bras se referment autour de mon cou, je souris, embrassant à nouveau ses lèvres, délicatement, puis plus fougueusement ensuite, de façon à ce qu’elle comprenne mes intentions, bien qu’elles soient claires, mais il n’est jamais trop de le rappeler.

    - J’aime le voir…

    Elle me facilite le chemin, que j’emprunte avec délice. Il m’est difficile de savoir si elle en a vraiment envie ou si la peur parle et l’excite assez pour tenter l’expérience. Encore une fois, sobre, j’aurais pu faire la différence.
    Le bout de mes membres rencontre poliment l’endroit le plus sensible de son anatomie, jouant d’eux même pour la sentir un peu plus frémir sous mon passage. Lentement, je passe et repasse sur son bouton de plaisir, entendant son souffle court à mon oreille.

    - N’ai pas honte, assume-toi, vie, ne te pose pas de questions, ressent…

    Retirant la main qui lui barre la bouche pour venir la poser sur mon sein gauche.

    - Fait ce qui te passe par la tête, il n’y a pas de barrière ici…


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MessageSujet: Re: Concours de circonstances   Jeu 28 Avr - 16:00


Elle mourrait; voici la seule vérité qui lui semblait encore tangible dans toute cette cohue. Son front vint se poser contre le sien, alors qu'elle soupirait bruyamment contre ses lèvres, le cœur battant douloureusement. Tout se dilatait autour d'elle, vrillait en une danse lancinante et délicieuse. Un instant, elle songea à sa famille, à l'éducation qu'elle avait reçu. Si ses parents étaient là pour voir cela, sans doute la renieraient-ils. Durant toute son enfance, elle n'avait connu que les bras aimants de son père qui, chaque dimanche, l'amenait à l'église. Oui, elle faisait partie de ces fillettes dont la vertu était une attente permanente de la part des géniteurs. Teresa chassa rapidement les idées bien conçues que l'on lui avait transmises par le passé. Il n'y avait eu que sa grande sœur pour oser définitivement s'émanciper de cette prison dorée. Probablement que cette dernière glousserait en apprenant cela. La pression se fit plus précise, plus intense et, son cerveau court-circuita instantanément. Elle remonta ses doigts fébriles dans sa chevelure blonde, les cramponna délicatement en tentant de ravaler le plaisir qui semblait ne pas vouloir s'interrompre.

- Mon Dieu..., soupira-t-elle sur la peau sensible de son cou contre lequel elle s'était réfugiée.

Son bassin ondula subtilement au gré des caresses qu'elle recevait. Sa bouche osa enfin se déposer d'elle-même sur la sienne, dans un baiser maladroit et emprunt d'une fougue qu'elle ne se connaissait pas. Lorsque sa paume rencontra la poitrine de la jeune femme, Teresa ne put que se mordre nerveusement la lèvre. Que pouvait-elle bien faire ? Elle n'était pas une experte - de base - dans ce domaine et qui plus est, elle n'avait jamais effleuré les courbes d'une femme. Pourtant, elle passa timidement son pouce contre la pointe de son sein qu'elle sentait à travers le tissu.

- Je... j'aimerais que vous... en moi..., bafouilla-t-elle.

Teresa ancra un regard intimidé mais noir de désir dans celui de la blonde, alors que ses doigts dépassaient fébrilement le vêtement pour frôler directement son sein.
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MessageSujet: Re: Concours de circonstances   Jeu 28 Avr - 18:50

    Je crois que mon petit manège fait son effet. J’aime à savoir que j’ai autant de pouvoir sur elle, elle, toute petite chose fragile. J’aime surtout à savoir qu’elle peut se fondre entre mes bras à l’aide de simples baisers, de simples petites caresses. Le genre de choses tellement faciles à donner, elle ne me demande pas de me donner corps et âme, le peu que je semble lui donner la comblent, et c’est bien là le plus apaisant, voire rassurant…
    Ses gémissements de plaisir me font sourire, naître aussi quelques émois, bien qu’ils soient loin de suffire pour atteindre le niveau de plaisir qu’elle, atteint, présentement. Mais à quoi bon chercher à faire des comparaisons ? Mon objectif était tel et il semble être atteint, tout du moins presque, mais ça me semble être un jeu d’enfants.
    Elle trouve seule le chemin de ma poitrine, ce qui a le don de renvoyer physiquement l’image de mon excitation. Mes tétons se durcirent sous son passage, m’arrachant un sourire, puis un soupir.

    - Je crois que j’ai compris…

    Rictus amusé, j’embrasse ses lèvres, puis son cou, et use d’un peu plus de douceur sur les caresses que j’offre à son intimité, avant d’en explorer une autre, plus profonde, entrant en elle en douceur, apposant une pression suffisante pour révéler tout un tas de sensations à l’endroit convoité.

    - Je n’attends que tes ordres…

    La défiant du regard. Mon sourire ne quitte pas mon visage, je me mords la lèvre inférieure en me jouant de son plaisir, entamant des vas et viens du poignets plus sensuels que fougueux…

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MessageSujet: Re: Concours de circonstances   Jeu 28 Avr - 20:25

Tout n'était plus que volupté et érotisme. Et, lorsque sa main enveloppa complètement le sein qui n'attendait plus qu'elle, Teresa ne put réprimer plus longtemps le délicieux frisson qui remonta le long de son échine à une vitesse fulgurante. Comment aurait-elle pu poursuivre son existence ainsi, sans ne jamais goûter aux courbes d'une femme, même pudiquement ? La seule fantaisie qu'elle s'autorisait n'était que très tard au milieu de la nuit, lorsqu'elle se retrouvait définitivement seule avec elle-même. Alors, là, elle laissait son esprit vagabonder, et créer quelques images lascives et indicibles. Mais, elle devait l'admettre: jamais elle n'était allée jusqu'à se permettre quelques rêveries féminines. Cette idée lui semblait bien trop improbable à l'époque. Et pourtant, la voici qu'elle s'offrait à une inconnue. L'intrusion lui fit écarquiller les yeux et, bloqua ponctuellement son souffle. Quelques picotements effervescents qu'elle ne comprit pas s'étendirent de ses tempes jusqu'à la pointe de ses chaussures. Sa petite tête s'inclina vers l'arrière, alors qu'il lui était désormais impossible de la tenir correctement. Un profond gémissement qu'elle ne reconnut pas se libéra de l'emprise de son corps. Elle papillonna des cils.

- Oh, c'est...

Mais la surprise mêlée au plaisir ne lui permit pas d'articuler quoi que ce soit d'autre. Si elle connaissait - plus ou moins - ce qu'était le plaisir de la chair, elle était bien loin de pouvoir s'imaginer ce que cela provoquait avec une femme. Teresa enfonça doucement ses ongles dans ses épaules, basculant instinctivement le bassin vers sa main à chaque intrusion.

- Mon Dieu... mon Dieu...
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MessageSujet: Re: Concours de circonstances   Jeu 28 Avr - 20:50

    A présent, elle est toute à moi, offerte pleinement, entièrement, rien qu’à mes gestes et mes offrandes. Elle n’osera jamais retourner en arrière, pas maintenant qu’elle en redemande, pas maintenant qu’elle a compris ou presque ce qu’une femme avait à lui offrir. Moi, en l’occurrence, qui occupe très fièrement la place de première expérience. Plutôt réussi à en juger par les émois qui l’étreignent et l’état futur de sa petite culotte.
    Je lui intime de me confier ce dont elle aurait envie, mais n’en n’a pas le temps, c’est comme si je devançais ses désirs, ou les lui montrait moi-même, comme si l’imagination n’était pas assez étendue pour suivre le cours de ce que je suis en train de lui faire subir.

    - Ça te plaît ?...

    Rien que de l’entendre murmurer est pour moi une vraie récompense et il est rare que je me satisfasse de faire tout le boulot. Mais comment pourrait-il en être autrement présentement.
    Mais je suis joueuse, et j’ai envie de tester chacune de ses limites, qui sont pour le moment tellement faciles à titiller.
    Je retire ma main, glissant son corps contre le sien, embrassant sa peau de son cou au bas de son ventre, m’attardant sur sa poitrine que je caresse de façon charnelle, sensuelle, attentive au moindre de ses soupirs… M’aidant à localiser ses faiblesses physiques.
    Je retire la ceinture de son pantalon, le laissant choir le long de ses jambes fines et le lui retire d’un geste presque automatique, avide de passer à la suite. Me retrouvant à genoux face à elle, je me délecte de sa peau, celle recouvrant une zone dangereusement proche de la zone où tout peut exploser, la zone du risque, si on ne choisis pas comme il faut ses partenaires.
    Je fais passer une de ses cuisses sur mon épaule et les choses sérieuses commencent. J’embrasse la partie que tout à l’heure je me plaisais à caresser, puis, lentement, la caresse à nouveau de ma langue, excitant volontairement les parties charnues de son anatomie. Et quand je la sens sur le point de faillir, c’est sur son bouton de plaisir, puis à l’intérieur que ma langue s’aventure, pour la cueillir à l’apogée de son plaisir…

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MessageSujet: Re: Concours de circonstances   Jeu 28 Avr - 21:20


- Ou-oui, qu'elle gémit plus qu'elle n'articula réellement.

Plus rien avait de sens. Ce qu'elle était, ce qu'elle fut, ses parents, son quotidien sans ambition, n'étaient plus qu'un écran de fumé qu'elle ne distinguait plus. Plus la jeune femme s'immisçait en elle, plus elle sentait ses barrières sauter une-à-une. Sa poigne se fit plus rude au cœur de la chevelure blonde, alors qu'elle sentait l'univers se dérober sous elle. Andy s'arracha subitement à ce qu'elle entreprenait, faisant sursauter Teresa qui, atterrit difficilement avant de comprendre ce qui se déroulait présentement. La silhouette longiligne de sa partenaire glissa lascivement contre le sien. Elle ouvrit de grands yeux ronds, alors que ses tissus s'effeuillaient les uns après les autres sans préavis. Elle voulut ouvrir la bouche pour l'interroger naïvement mais, lorsque sa jambe passa par dessus son épaule, Teresa ne parvint qu'à gémir d'anticipation. Elle crut alors défaillir lorsque les lèvres de la blonde vinrent embrasser le cœur de sa féminité.

- Andy !, s'exclama-t-elle vivement.

Son sang ne fit qu'un tour. Le peu qu'elle avait vécu n'était pas de taille en comparaison de ce qu'elle éprouvait à l'instant. D'ailleurs, elle était persuadée que jamais rien ne serait de taille désormais. Elle posa maladroitement sa paume sur les cheveux blonds qui effleuraient présentement le bas de son ventre.

- Oh, Seigneur, Seigneur.

Elle n'eut pas le temps d'anticiper la chose. Ses muscles se recroquevillèrent brutalement sur eux-même. Une plainte à la fois puissante et extatique fit trembler la totalité de son être, avant de perdre définitivement pied avec la réalité. Ses jambes lâchèrent, son esprit s'engourdit, tandis qu'elle se laissait mollement glisser le long du mur, plongeant dans des abîmes délectables et apaisants.
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Concours de circonstances

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